Je m’appelle Élise, 39 ans, Paris 5ème, rue des Fossés Saint-Bernard. Veuve depuis deux ans. 1m67, 56 kg, cheveux bruns mi-longs, femme simple séduisante et calme. J’ai un balcon minuscule qui donne sur la Seine, un plaid en laine, une bouilloire qui chante, un chat roux qui dort sur le radiateur…
Ce soir, il pleut finement. J’ai mis du Billie Holiday, j’ai ouvert la fenêtre. J’ai envie d’un homme qui arrive trempé, qui pose son parapluie, qui ne dit rien, qui me prend dans ses bras. On reste debout, collés, on écoute la pluie. Tu sens la laine mouillée, je sens le thé à la bergamote. On s’embrasse lentement, comme si c’était la dernière fois.
Ensuite on passe dans la chambre, lumière tamisée, draps blancs. Tu me déshabilles doucement, tu embrasses chaque cicatrice, chaque grain de beauté. Je te caresse le dos, je te murmure « reste ». On fait l’amour en missionnaire, yeux dans les yeux, sans bruit, juste nos respirations. Tu jouis en moi, je te serre fort, je pleure un peu, tu essuies mes larmes avec ton pouce.
On dort enlacés, le chat ronronne au pied du lit. Au matin, je te fais un café au lait, tu me regardes comme si tu me connaissais depuis toujours. Tu repars sous la pluie, je te regarde partir depuis le balcon, je garde ton odeur sur l’oreiller.
Pas de capote, pas de téléphone, pas de nom. Juste un mot glissé dans ta poche : « merci ».

